Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Les pestiférés de l’Europe


Pendant que le Président de la République Française poursuit la déportation d’hommes, de femmes et d’enfants étiquetés Roms, à la satisfaction du plus grand nombre, la gauche s’affaire fiévreusement dans la cuisine électorale pour préparer sa soupe de 2012…
Au-delà des discours de circonstance, la gauche partage la même culture des actes forgée par la conquête de l’Algérie sous l’Empire et la colonisation de l’Algérie sous la IIIe République, légitimée par le droit de civilisation qui deviendra le droit d’ingérence humanitaire sous la République mitterrandienne.

Nous admettons le droit, et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas arrivées à un même degré de culture et de les appeler au progrès.
Léon Blum à la chambre des députés le 9 juillet 1925
2000 ans d’HistoireFrance Inter

S’il est utile de rappeler que la construction de l’étranger comme ennemi de l’intérieur est la construction du bouc émissaire, victime expiatoire de toutes nos peurs.

Les passions populaires sont promptes à s’échauffer, en particulier dans les périodes de crise économique, comme celle que nous traversons. La passion conduit à l’abolition de la réflexion, au passage à l’acte, à la décharge immédiate des désirs les plus primitifs. Quoi de plus passionnel, de plus irréfléchi et de plus primitif que la haine ou la peur de l’étranger. Surtout, s’il vit parmi nous, s’il s’infiltre à travers des frontières, érigées pour nous protéger, s’il viole ainsi continuellement le sentiment du chez-soi, l’étranger, quoi qu’il fasse ou ne fasse pas, est, en lui-même, une source potentielle d’insécurité. Il engendre inévitablement, dans les sociétés humaines archaïques comme dans les sociétés animales, la violence.
Lettre ouverte au président de la République

Il convient aussi de rappeler que les migrations des Roms en Europe s’inscrivent dans un long contexte historique.

Partis de l’Inde du Nord-Ouest aux alentours de l’an 1000, les groupes de nomades appelés Tsiganes (ou Gipsies, Gitans, Romani, Bohémiens, selon les pays) se sont répandus lentement dans une grande partie de l’Europe et, de là, sur tous les continents. Lorsqu’ils sont arrivés en Occident au début du XVe siècle, les Tsiganes semblent, dans un premier temps, avoir bénéficié de l’hospitalité que les chrétiens réservent aux pèlerins. Mais, vivement préoccupés par le vagabondage, les États ont très vite classé les Tsiganes parmi leurs indésirables, expliquent Jean-Yves Blum Le Coat, Christine Catarino et Catherine Quiminal, qui analysent la façon dont s’est construite la stigmatisation légale des « gens du voyage ». Ainsi, trois quarts de siècle après leur arrivée en Europe de l’Ouest, les premières mesures générales d’interdiction ou d’expulsion sont prises à leur encontre : en Suisse (1471), puis en Allemagne, en Espagne et en France (en 1498, 1499 et 1539). De plus en plus intense, la répression des Tsiganes aura pour effet, en France, la dispersion des grandes compagnies en petites bandes à la fin du XVIIe siècle et, après la Révolution française, l’installation de la plupart d’entre eux aux frontières du pays : en Alsace-Lorraine, au Pays basque et dans le Roussillon. Désignés en 1864, dans une circulaire du ministère de l’Intérieur, comme des « vagabonds étrangers connus sous la dénomination de Bohémiens », les Tsiganes nomades sont désormais assimilés à une « race dangereuse », suspectée de criminalité et devant être placée sous étroite surveillance. Cependant, la République française ne connaît que des citoyens. Aussi faut-il inventer une catégorie juridique spécifique pour distinguer un groupe ethnique qui ne peut être nommé en tant que tel. Ce sera celle de « nomade », instituée en 1912, qui regroupe des personnes définies par leur mobilité, et dont il convient de contrôler étroitement les déplacements et l’identité. « Partant, la définition discriminatoire légale de certains individus est produite », soulignent les auteurs. Elle se verra confirmée par une loi du 3 janvier 1969 qui reprend cette stigmatisation du nomadisme, cependant qu’entre temps, les Tsiganes sont devenus les « gens du voyage » – que l’itinérance caractérise, ou pas, leur mode de vie. Ce dernier reste, toujours aujourd’hui, inscrit sous le sceau de la précarité, les personnes légalement classées parmi les « gens du voyage » étant tenues en lisières et « reléguées aux marges de la société (urbaine, notamment), assignées à des espaces que ne fréquentent que les agents de l’État chargés de leur contrôle ».
Informations sociales n°2

Ce n’est donc pas Nicolas Sarkozy qui a inventé les classifications destinées à exclure.

Le rôle des migrations tsiganes transfrontalières dans l’évolution des réglementations anti-tsiganes en Europe, entre 1880 et 1939, demeure encore largement méconnu. L’étude du cas français montre comment cette population minoritaire focalisa progressivement l’attention des autorités entre la fin du Second Empire et le milieu de l’entre-deux-guerres. Durant cette période, marquée par l’adoption de mesures restrictives en matière de circulation des populations tsiganes et par la constitution d’une catégorie policière et administrative des « nomades », le contrôle des étrangers s’impose toujours davantage comme une priorité.
Cultures & Conflits n°76

La IIIe République a non seulement légitimé moralement la colonisation de l’Algérie mais a aussi proclamé des lois discriminatoires : le monstre juridique du Code de l’Indigénat et la loi de 1912.

À partir de la fin du XIXe siècle, un ensemble de facteurs d’ordre socio-économique, politique, idéologique concourent à assimiler les Tsiganes à des étrangers et des « asociaux indésirables ». L’attitude des pouvoirs publics à l’égard des « nomades » français et étrangers s’est déployée en effet autour d’un dispositif législatif et policier que l’on peut résumer ainsi : surveillance, identification, contrôle. Après le recensement général de 1895 de tous les « nomades, bohémiens et vagabonds », suivi du fichage des « nomades » par les Brigades régionales de police mobile créées en 1907 à l’initiative de Clemenceau, un projet de loi du gouvernement daté du 25 novembre 1908 voit le jour, « relatif à la réglementation de la circulation des nomades ». Le projet, conjugué avec les mesures émises plus tard à la Chambre et au Sénat par les commissions du vagabondage et de la mendicité, donnera lieu à la loi du 16 juillet 1912 sur le port du carnet anthropométrique d’identité. Cette loi discriminatoire et disciplinaire, qui allait durer près de soixante ans, sans susciter aucune critique au sein du discours juridique dominant, constitue l’étape majeure dans le processus de contrôle et d’identification utilisé par la République envers les Tsiganes.
Revue européenne des migrations internationales vol.23

Il faut encore rappeler l’amnésie collective du sort des Tsiganes internés dans les camps français entre 1940 et 1946.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’internement des Tsiganes en France se déroula dans l’indifférence générale. On aurait pu penser, grâce à la recherche entreprise depuis les années 1975 sur le régime de Vichy, que le sort réservé aux Tsiganes français ne demeure plus un drame ignoré. Il n’en est rien. À l’inverse des communautés tsiganes, qui gardent en mémoire cette période tragique, où l’âme d’un peuple s’est fracturée, la mémoire collective, telle qu’elle émane des pouvoirs publics, de l’opinion courante ou du discours historique dominant, témoigne aujourd’hui encore, à quelques exceptions près, d’un refus de savoir.
Guerres mondiales et conflits contemporains n°226

Après l’effondrement de l’URSS, la question rom a resurgit en Europe.

Le principal impact négatif pour les Roms de la chute du bloc soviétique a été la perte de la relative sécurité sociale que leur garantissaient les États socialistes – au prix d’un manque de liberté et d’un contrôle étatique exercé sur leurs vies. Les Roms, qui sont généralement moins qualifiés que le reste de la population et qui ont un mode de vie différent, sont plus touchés par le chômage que les membres des groupes ethniques majoritaires. La nouvelle situation a bien offert de nouvelles opportunités à certains Roms, relativement peu nombreux. Les nouvelles conditions économiques ont permis à certains groupes, en particulier les Roms Olassi, de développer leurs activités traditionnelles de commerce avec un nouveau type de produits : les chevaux ont été remplacés par les voitures Mercedes et le revenu de ces groupes dépasse de plusieurs fois la moyenne nationale. Cependant, pour la majorité des Roms d’Europe centrale et de l’Est, la transition vers une économie de marché a conduit à une insécurité et une pauvreté plus grandes. À ces difficultés s’ajoutent les pièges de la libéralisation politique – les jeux, la drogue et la prostitution. Enfin, les Roms ont commencé à être confrontés à des comportements racistes bien plus ouverts de la part des membres des groupes majoritaires des pays dans lesquels ils vivent.
Mouvements n°18

L’interprétation des événements du 18 juillet 2010 à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher, comme ceux de Perpignan en mai 2005, s’inscrivent dans une longue tradition de culture coloniale [1].

Les Roms sont ainsi au cœur d’une Europe marquée par le développement de la mobilité, par l’émergence ou la plus grande visibilité des minorités, par la multiculturalité que les Etats s’efforcent d’administrer. Leur situation est caractéristique de ce que l’Europe a de plus négatif, en termes de discrimination, de rejet, de racisme, d’impuissance à accepter et à gérer la diversité.
Le Courrier des pays de l’Est n°1052

En pleurnichant sur les manœuvres électoralistes de Nicolas Sarkozy sans rien faire pour sauver les Roms, la gauche avoue sa complicité avec un racisme d’État pratiqué en notre nom.

21/08/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Ressources :
• Centres d’information et associations dédiés aux gens du voyage, SCÉRÉN.
• Roms et gens du voyage, FNASAT.
• Centre de ressources, URBA-ROM.
La fin des années 2000 constitue un moment charnière dans la construction des politiques en direction des Roms/Tsiganes. D’une part, les institutions sont en train de définir une politique générale à l’échelle européenne : la « stratégie-cadre d’inclusion des Roms ». Celle-ci concerne les minorités roms des nouveaux pays-membres de l’Union européenne, ainsi que les Sintis, les Gitans et autres groupes d’Europe occidentale, assimilés aux Roms/Tsiganes. D’autre part, les politiques nationales et locales sont de plus en plus nombreuses. Le plus souvent fondées sur des représentations stéréotypées, ces politiques cherchent à résoudre des problèmes publics suscités par la présence de groupes en situation précaire ou caractérisés par l’habitat mobile. Pour cela, elles apportent des réponses spécifiques, qui oscillent entre rejet et inclusion. Dans ce contexte, il paraît nécessaire de faire le point sur les politiques en direction des Roms/Tsiganes, d’analyser les processus de catégorisation des groupes en question et, par ce biais, de participer aux réflexions sur les actions publiques en cours et à venir.
• La voix des Rroms, Ancien blogNoveau blog.
• Collectif National Droits de l’Homme, Romeurope.
• European Roma Rights Centre, ERRC.
• Observatoire nomade, Stalker.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.
Livres :
• Paroles Tsiganes, Edtions Wallâda.
• Bibliographie, SCÉRÉN.
• Bibliographie, CASNAV Amiens.
• Bibliographie, Libertaire.
• Bibliographie, Bibliothèque Grenoble.
• Bibliographie, FNASAT.
• ASSÉO Henriette, Les Tsiganes – Une destinée européenne, Découvertes Gallimard, 1991 [CRH-EHESS].
• AUZIAS Claire, Les Tsiganes ou le destin sauvage des Roms de l’Est, Michalon, 1995.
• Centre de recherche tsiganes, Textes des institutions internationales concernant les Tsiganes, L’Harmattan, 2001.
• FILHOL Emmanuel, JAYAT Sandra, La mémoire et l’oubli – L’internement des Tsiganes en France, 1940-1946, L’Harmattan, 2004.
• FILHOL Emmanuel, HUBERT Marie-Christine, Les Tsiganes en France – Un sort à part 1939-1946, Perrin, 2009.
• FORMOSO Bernard, Tsiganes et sédentaires – La reproduction culturelle d’une société, L’Harmattan, 2000 [Amazon].
• HUMEAU Jean-Baptiste, Tsiganes en France – De l’assignation au droit d’habiter, L’Harmattan, 1995 [Amazon].
• LIÉGEOIS Jean-Pierre, Roms et Tsiganes, La Découverte, 2009.
• MARCHAND Anna, La protection des droits des tsiganes dans l’Europe d’aujourd’hui, L’Harmattan, 2003.
• ROBERT Christophe, Eternels étrangers de l’intérieur, Desclée de Brouwer, 2007.
Revues :
• Revue, Études Tsiganes.
• Gitans de Barcelone à Perpignan : crise et frontières, Revue européenne de migrations internationales vol.13, 1997.
• Quand les yeux servent de langue – Regards gitans, actions payas en semaine sainte (Andalousie), Terrain n°30, 1998.
• « Terrain désigné », observation sous contrôle : quelques enjeux d’une ethnographie des Tsiganes, Ethnologie française vol.31, 2001.
• Les Roms à la croisée des chemins, Mouvements n°18, 2001.
• La langue rromani au cœur du processus d’affirmation de la nation rrom, Hérodote n°105, 2002.
• Familles tsiganes et protection de l’intimité, Ethnologie française vol.32, 2002.
• Politiques d’immigration : criminalisation ou tolérance ?, La pensée de midi n°10, 2003.
• Approche discrète d’un anthropologue au seuil de l’altérité – Conjugalité et parentalité, famille et communauté, le dedans et le dehors du monde gitan, Spirale n°26, 2003.
• Identité et ethnicité, Population vol.59, 2004.
• L’usage du savoir dans la formulation des politiques publiques : le cas des recherches sur la population rom en Slovaquie, Revue internationale des sciences sociales n°179, 2004.
• Les Gypsy Studies et le droit européen des minorités, Revue d’histoire moderne et contemporaine n°51, 2004.
• Des quartiers de mauvaise réputation – L’image de la criminalité dans deux quartiers en Belgique, Déviance et Société vol.28, 2004.
• La formation d’un sous-prolétariat rom – Enquête historique sur la condition des Gitans dans un village d’Europe centrale, Actes de la recherche en sciences sociales n°160 2005.
• Tsiganes, stéréotypes et idéal type – Une approche wébérienne de l’altérité, Ateliers du LESC n°28, 2004.
• Les Rroms et les organisations évangéliques : entre culte religieux et stratégie « politique » ?, Hérodote n°119, 2005.
• L’avènement politique des Roms (Tsiganes) et le génocide – La construction mémorielle en Allemagne et en France, Le Temps des médias n°5, 2005.
• Les Roms au cœur de l’Europe, Le Courrier des pays de l’Est n°1052, 2005.
• Les événements de Perpignan ou la fin d’un système géopolitique local, Hérodote n°120, 2006.
• Nous ne sommes pas des envahisseurs, Projet n°295, 2006.
• Sans territoire fixe, Projet n°295, 2006.
• La loi de 1912 sur la circulation des « nomades » (Tsiganes) en France, Revue européenne des migrations internationales vol.23, 2007 [Cairn].
• La justice des Tsiganes contre la loi des Gadjé, Ethnologie française vol.37, 2007.
• L’indifférence collective au sort des Tsiganes internés dans les camps français, 1940-1946, Guerres mondiales et conflits contemporains n°226, 2007 [APHGAron NatansonMémoire-Net].
• L’internement des nomades en Loire-Inférieure, Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest n°115, 2008.
• Les migrations des Roms balkaniques en Europe occidentale : mobilités passées et présentes, Balkanologie vol.XI n° 1-2, 2008.
• Roms en Bulgarie, Roms en Roumanie – quelle intégration ?, Méditerranée n°110, 2008.
• De la libre circulation au contrôle permanent – Les autorités françaises face aux mobilités tsiganes transfrontalières, 1860-1930, Cultures & Conflits n°76, 2009 [Cairn].
• Quand le voyage s’arrête pour de bon, Informations sociales n°155, 2009.
• Les détenus étrangers en Europe : quelques considérations critiques sur les données disponibles de 1989 à 2006, Déviance et Société vol.33, 2009.
• Une catastrophe invisible – La Shoah des Tziganes, Terrain n°54, 2010.
• Figures bohémiennes et fiction, l’âge des possibles 1770-1920, Le Temps des médias n°14, 2010.
• Roms, une question européenne, Etudes tome 412, 2010.
Articles :
• Roms, tsiganes et gens du voyage, Différences – MRAP.
• Roms et gens du voyage, LDH-Toulon.
• Roms et gens du voyage, Le Monde.
• Dénoncer l’anti-tsiganisme sans s’attaquer à ses racines ?, Le Monde.


[1] Sélection bibliographique :
• Les événements de Perpignan ou la fin d’un système géopolitique local, Hérodote n°120, 2006.
Les violences urbaines de mai 2005 à Perpignan ont cruellement mis en lumière la concentration des problèmes socio-économiques et « communautaires » dans le centre de la cité catalane. Pivot historique de la carte électorale de la droite municipale, le quartier est depuis plusieurs années au coeur de vastes mouvements de restructuration. Ceux-ci s’expriment simultanément dans le champ ethnique (progression de la population maghrébine), social (déliquescence des structures claniques gitanes traditionnelles), urbanistique (programme de renouvellement urbain d’un quartier insalubre) et aussi politique. En effet, symbole d’une forme de pouvoir politique local, le quartier aiguise, depuis les élections municipales de 1993, les appétits de la gauche départementale qui entend investir ce bastion aux mains de la droite depuis plus de cinquante ans.
• BLANCHARD Pascal et LEMAIRE Sandrine (dirigé par), Culture coloniale – La France conquise par son Empire 1871-1931, Autrement, 2003.
• BLANCHARD Pascal et LEMAIRE Sandrine (dirigé par), Culture impériale – Les colonies au cœur de la République 1931-1961, Autrement, 2004.
• BLANCHARD Pascal et BANCEL Nicolas (dirigé par), Culture post-coloniale – Traces et mémoires coloniales en France 1961-2006, Autrement, 2006.

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