Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives Mensuelles: juin 2010

Timisoara-Och, la dictature de l’émotion


En décembre 1989, des dirigeants du Parti communiste roumain ont mis en scène une « révolution populaire spontanée » à Timisoara puis à Bucarest pour renverser Nicolae Ceauşescu. Les médias dominants évoquèrent avec emphase 4 630 victimes des émeutes des 17 et 19 décembre (un «envoyé spécial» de Libération), puis amplifièrent le bilan jusqu’à 70 000 morts auxquels s’ajoutèrent, images à l’appui, des milliers de cadavres découverts dans un charnier de Timisoara. En fait, le coup d’État provoqua moins de 700 morts. Les cadavres de Timisoara, complaisamment montrés à la télévision, avaient été déterrés du cimetière de la ville [1].

En juin 2010, les médias dominants nous baladent à Och au Kirghizistan pour nous raconter l’histoire de « violences ethniques », provoquées par les Kirghizes contre les Ouzbeks, qui auraient fait plus de 2 000 morts et plus de 400 000 déplacés ou réfugiés. Les événements restent un peu confus, mais qu’importe car les chiffres ne mentent pas ! Or les chiffres sont aussi une arme de propagande massive utilisée par les politiques et les médias dominants [2].

L’étude de cas du Kirghizistan est fondée sur le corpus homogène des dépêches d’Euronews du 11 au 23 juin 2010. Cette chaîne européenne d’information continue, comme tous les médias, compile les dépêches des grandes agences (AP, Reuters et AFP) sans toujours citer ses sources. Pour l’occasion, elle a aussi certainement compilé des dépêches d’agences russes en anglais car Kirghizistan est alors transcrit Kyrghyzstan [3].

Manipulation des chiffres

La lecture du tableau, qui synthétisent les données chiffrées par date, occurrence et source, met en évidence la manipulation du nombre de morts qui passe subitement de 200 à 2 000 par la magie du verbe de Rosa Otounbaïeva.

Tout le monde a repris sans le mettre en doute ni le vérifier le chiffre avancé par Rosa Otounbaïeva, la présidente par intérim du Kirghizistan, alors que le ministère kirghiz de la Santé a publié le même jour un bilan de 192 morts publié par Kabar – Kyrgyz National Informational Agency.

Rosa Otounbaïeva a reconnu que les violences avaient probablement fait 2 000 morts soit dix fois plus que le bilan officiel.
Euronews

Le même jour, l’OMS annonce que «les violences interethniques» «ont probablement affecté 1 millions de personnes» ! Et le lendemain, l’ONU a lancé un appel de fonds de 71 millions de dollars.

Ainsi, les chiffres alarmistes mais non prouvés de Rosa Otounbaïeva et de l’OMS a permis une levée de fonds de 71 millions de dollars de l’ONU et «l’octroi de 32 millions de dollars en aide humanitaire pour les victimes des émeutes» des États-Unis. Bravo l’artiste !
Il faut en effet savoir que le Kirghizistan est le royaume des ONG comme l’explique Boris PÉTRIC :

Le Kirghizstan est passé en réalité d’une dépendance russe vers une dépendance à l’égard d’organisations internationales. Dépendance puisque c’est un pays aujourd’hui très endetté, dont la politique économique dépend entièrement de la Banque mondiale et du FMI. D’un point de vue de la sécurité et de la défense, la présence de bases militaires russe et américaine amène également à se demander en quoi l’Etat kirghize exerce encore sa souveraineté.

Or, depuis la fin de la décennie 1990, «l’aide humanitaire est incorporée dans les missions des forces armées» comme le montre Karine GATELIER dans l’exemple afghan et «l’aide internationale est un obstacle à l’émergence d’un État souverain» comme le résume Claske DIJKEMA [4].

Manipulation des mots

Le précédent article soulevait la question du recours aussi systématique que abusif de l’expression « violences ethniques » pour caractériser les conflits dans les ex-colonies ou dans les pays qui ont échappés à la « mission civilisatrice » de l’Europe [5]. Le tableau ci-dessous quantifie le phénomène dans le corpus de cette étude.

Précisément, ce sont les termes « violences », « interethniques » et « violences interethniques » qui reviennent le plus souvent dans les dépêches d’Euronews. L’ethnicisation, non seulement des conflits identitaires mais plus généralement des rapports sociaux, est la règle dans les médias dominants occidentaux depuis la fin des années des années 1980. C’est la marque d’une victoire idéologique du néo-libéralisme après la victoire économique, réalisée en France grâce à la gauche communiste et socialiste [6].

La notion d’ethnie, importée et connotée négativement, n’est pas pertinente pour comprendre la nature des conflits entre Kirghizes et Ouzbeks :

Le nom ouzbek ne renvoie pas à une ethnie mais à un groupement de tribus turco-mongoles au début du XIVe siècle. Elles se sont différenciées des Kazakhs au sujet d’une allégeance que les unes ont acceptée et les autres refusée. Dès lors que cette confédération tribale a conquis plusieurs des villes de l’actuel Ouzbékistan, le terme ouzbek a été associé au pouvoir politique et militaire, face à une population bigarrée au sein de laquelle une entité domine : les iranophones, identifiés comme sédentaires, urbains et maîtres du sacré. La conquête et l’exercice du pouvoir conduisent à la sédentarisation des tribus turco-mongoles et à un changement de la donne sociale : désormais ils partagent un espace social commun et s’opère alors une symbiose culturelle.

La conquête russe (seconde moitié du XIXe siècle) apporte le concept d’ethnie et donne lieu (à travers les recensements notamment) à une catégorisation de la population qui rompt les liens de complémentarité et d’interdépendance. La Révolution bolchevique et l’instauration de l’Union soviétique, paradoxalement, poursuivent ce processus : le pouvoir a besoin de désigner des « ethnies titulaires » qui sont des groupes reconnus majoritaires et qui reçoivent une république. Ainsi cinq républiques sont finalement créées (entre 1924 et 1929) qui ont pour objectif de réduire la portée de la culture persane, classe dominante du système précédent, et de diviser les entités turciques. Ce procédé pose deux problèmes : il repose sur un concept sans réalité, celui d’ethnie, alors que les modes d’appartenance identitaire reposent sur les lignages et le territoire. Il conduit à tracer des frontières au sein d’un ensemble social qui connaît continuité et complémentarité.

GATELIER Karine, Indépendance et construction nationale en Ouzbékistan, Irenees, Septembre 2005.

Laissons les journalistes franchouillards s’embourber dans leur catégorisation coloniale et intéressons-nous plutôt à la question de l’identité au Kirghizistan à travers le clivage Nord-Sud (texte de Aida Aaly ALYMBAEVA), la description de la relation au pouvoir au Kirghizstan (texte de Karine GATELIER), aux analyses critiques sur l’ethnicisation du conflit (textes publiés par le site russe Ferghana, agence d’information en ligne dédiée à l’Asie centrale). [7].

Manipulation du récit

Les événements, tels qu’ils sont racontés dans les dépêches d’Euronews, restent confus et contradictoires. Le récit médiatique, scénarisé et donc pré-construit, fonctionne comme une mise en ordre simplificatrice d’une réalité trop complexe. Il met en scène le conflit entre les bons (Ouzbeks) et les méchants (Kirghizes) qui se résout grâce à l’intervention du héros (l’aide humanitaire). Il masque le conflit politique entre un gouvernement qui tente d’imposer sa légitimité et une population qui est lasse d’attendre une amélioration de ses conditions de vie alors que l’aide internationale se perd dans les dédales de l’administration de 8 000 ONG.

Des faits confus :

Tout a commencé dans la nuit de jeudi à vendredi à Och, la deuxième ville du pays. Pour la majorité kirghize, les Ouzbeks ont attaqué les premiers. Les représailles ne sont que justice.
Le gouvernement intérimaire a décrété l’état d’urgence et a donné pour consigne aux forces de l’ordre de tirer sans sommation pour endiguer les affrontements.
Terrifiés, des milliers de civils Ouzbeks ont déjà gagné l’Ouzbékistan voisin.
Euronews du 13/06/2010

On ne sait pas si les Ouzbeks ont fuit les forces de l’ordre, prêtes à tirer sans sommation, ou les Kirghizes. La première hypothèse semble confirmée par les dépêches suivantes :

La minorité Ouzbèke se dit victime d’un génocide dans le sud du Kirghizstan et accuse l’armée de prêter main forte aux bandes armées kirghizes.
Euronews du 13/06/2010

Des réfugiés [ouzbeks] qui accusent les forces régulières kirghizes d’aider des bandes armées à commettre des massacres.
Euronews du 15/06/2010

Le gouvernement provisoire a fait envoyer des réservistes kirghizes en renfort dans le sud du pays. Mais à Och, des témoignages font état de complicité entre forces régulières et milices armées pour commettre des assassinats de civils.
Euronews du 15/06/2010

Des détails troublants :

Au Kyrghyzstan, en plus d’une guerre civile, on craint une crise humanitaire.
Euronews du 12/06/2010

Le gouvernement intérimaire, qui s’est emparé du pouvoir après un soulèvement populaire début avril a également annoncé avoir autorisé les forces de l’ordre à tirer sans sommation sur des groupes utilisant des armes à feu.
Il a même appelé les officiers retraités de la police et de l’armée à se rendre dans la région d’Och afin d’empêcher une « guerre civile« , selon ses propres mots.
Euronews du 13/06/2010

Commentaires : La notion de guerre civile est bien différente de celle de « violence ethnique » surtout si des éléments de l’armée appuient un camp contre l’autre.

« On pourra enlever les barricades quand les autorités kirghizes nous soutiendrons et nous protégerons. »
Euronews du 19/06/2010

Commentaires : On nous présente les Ouzbeks comme des victimes sans défense. La présence de barricades montre qu’il n’en est rien.

Il est clair que le conflit en cours a aussi des raisons politique, économique et sociale alors que le gouvernement intérimaire tente de s’imposer. Or sa gestion est contestée.

Rosa Otounbaïeva a répondu aux critiques qui accusent le gouvernement de n’avoir pas su gérer les violences interethniques entre la minorité ouzbèke et les Kirghiz.
Euronews du 18/06/2010

Hier, des centaines de personnes réunies à Nookat près de Och ont exprimé leur mécontentement à l’égard de la présidente par intérim Rosa Otounbaïeva.
Les protestataires dénoncent une baisse du niveau de vie depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement provisoire […]. Ils souhaitent également des élections à la place du referendum prévu dimanche.
Euronews du 23/06/2010

Commentaires : C’est l’unique dépêche qui évoque l’aspect économique et social du conflit en cours.

Une incohérence de taille :

Les Kirghizes du sud restent fidèles au Président déchu alors que la majorité des Ouzbèkes soutiennent le gouvernement provisoire.
Euronews du 14/06/2010

Le gouvernement a accusé les partisans du président déchu Bakiev d’être derrière ces actes, en représailles pour le soutien des ouzbèks au nouveau pouvoir en place à Bishkek.
Euronews du 17/06/2010

Hostile à la présidente par intérim qui a pris le pouvoir à la suite d’un coup de force, la minorité Ouzbèke appelle au boycott du référendum de dimanche qui vise à modifier la constitution et légitimerait les actuels dirigeants.
Euronews du 23/06/2010

Commentaires : Alors les Ouzbeks soutiennent ou ne soutiennent pas le gouvernement provisoire ?

24/06/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


[1] Sélection bibliographique :
• HALIMI Serge, Les vautours de Timisoara, Acrimed, 01/10/2000.
• PORTOCALA Radu, Autopsie du coup d’Etat roumain – Au pays du mensonge triomphant, Calmann-Lévy, 1990.
• RAMONET Ignacio, Télévision nécrophile, Le Monde diplomatique, Mars 1990.
Dossier documentaire & Bibliographie Propagande, Monde en Question.

[2] LEFORT Serge, La religion du chiffre, Monde en Question, 22/01/2010.
Lire aussi :
• LEFORT Serge, Ils ont organisé la psychose, Monde en Question, 07/06/2010.
Dossier documentaire & Bibliographie Statistiques & Sondages, Monde en Question.

[3] Corpus des dépêches d’Euronews, Monde en Question [à télécharger au format RTF].

[4] Sélection bibliographique :
• DIJKEMA Claske, L’aide internationale en Afghanistan: obstacle à l’émergence d’un État souverain, Irenees, Septembre 2005.
• GATELIER Karine, La privatisation des services publics par les ONG – L’exemple du Kirghizstan, Irenees, Septembre 2005.
• GATELIER Karine, La militarisation de l’action humanitaire : l’exemple afghan, Irenees, Septembre 2005.
• PÉTRIC Boris, Le Kirghizstan et ses 8.000 ONG, étrange laboratoire de la démocratie en Asie centrale, Caucaz, 22/11/2005.
• PÉTRIC Boris-Mathieu, Le Kirghizstan, royaume des ONG, Outre-Terre n°16, 2006.
• PÉTRIC Boris, Observation électorale et réseaux d’ONG transnationaux : le cas du Kirghizstan, Revue Tiers Monde n°193, 2008.
Dossier documentaire & Bibliographie Aide humanitaire – Colonialisme humanitaire, Monde en Question.

[5] LEFORT Serge, Le Kirghizistan construit par les médias, Monde en Question, 22/06/2010.
Lire aussi :
• LEFORT Serge, Le Nigeria victime des convoitises coloniales, Monde en Question, 10/03/2010.
• LEFORT Serge, Analyse d’une dérive – Le cas Libération, Monde en Question, 18/07/2004.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.

[6] Dossier documentaire & Bibliographie Tournant de la rigueur, Monde en Question.

[7] Sélection bibliographique :
• ALYMBAEVA Aida Aaly, La question de l’identité au Kirghizistan à travers le clivage Nord-Sud, Cahiers d’Asie centrale n°15-16, 2007.
• GATELIER Karine, Généalogies et alternance au pouvoir au Kirghizstan, Irenees, Septembre 2005.
• PÉTRIC Boris, Kyrghyz and Uzbeks in Osh: Just another local interethnic conflict?, Ferghana, 20/06/2010.
• REEVES Madeleine, The ethnicisation of violence in Southern Kyrgyzstan, Ferghana, 25/06/2010.
• SAVIN Igor, Fighting for ourselves, we are fighting against…? On the Role of Ethnicity in the Tragic Events in Southern Kyrgyzstan, Ferghana, 24/06/2010.

Ulysse Clandestin


La création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale était en soi un acte d’une violence inouïe. Le débat sur l’identité nationale, et toutes les dérives verbales qui l’ont accompagné, ont confirmé les plus sombres prophéties. La prochaine étape dans ce parcours de l’ignominie sera la présentation du projet de loi Besson en septembre 2010 qui dégradera encore un peu plus la condition des immigrés en France.

Pour sortir des dangereuses problématiques autour de l’identité nationale que les pouvoirs cherchent à imposer, il faut rappeler ce qu’est l’histoire de l’immigration et ce que sont les caractéristiques du « creuset français ». Les origines de la nation française sont bien là, dans la multiculturalité. Ces films interrogent aussi la récurrence et les usages des thématiques racistes, notamment dans les périodes où le capitalisme entre en crise. Ils reviennent sur cette hydre, l’association de l’immigration et de l’insécurité, sans cesse renaissante.

Pour soutenir cette initiative, vous pouvez acheter le DVD 12€ (frais de port inclus) par paiement en ligne sur le site La Bande Passante ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Racisme, Monde en Question.

"Israël est un Etat imposteur et criminel"


Le mouvement sectaire juif «Toldot Aaron», à la pointe du combat contre l’«Etat sioniste impie», a réuni 100 000 personnes jeudi dernier. Après le feu vert de son rabbin, l’un de ses membres livre sa vision du monde.

Lire : Israël est un Etat imposteur et criminel, Le Temps

Outre le respect intégral des 630 commandements figurant dans la Torah, ces principes prévoient que les membres du mouvement ne se marieront qu’entre eux et que les femmes seront habillées de manière à ce que l’on ne distingue rien de leurs formes à part leurs mains et leur visage.

Ces dernières années, les successeurs du rabbin Roth y ont ajouté l’interdiction de regarder la télévision, d’écouter la radio, d’utiliser un ordinateur et de se brancher sur Internet. Les hommes de «Toldot Aaron» ne peuvent pas non plus poursuivre des études sauf dans une «yeshiva» (école talmudique).

Quant aux femmes, elles limiteront leur scolarité à un enseignement basique axé sur la maternité et les activités ménagères. Ceux ou celles qui enfreindraient leur serment seront bannis de la communauté, c’est-à-dire envoyé dans un monde extérieur qu’ils ne connaissent pas.

Source : Les 630 commandements de la Torah, Le Temps

Le général McChrystal crache dans la soupe


Alors que les troupes d’une coalition de plus en plus flageolante peinent à remporter en Afghanistan la victoire finale promise par Barack Obama, le général Stanley McChrystal, commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (un titre qui ne s’invente pas), a critiqué la stratégie américaine à la manière d’un Bigeard ou d’un Massu.

L’ambassadeur américain en Afghanistan, Karl Eikenberry ? Quelqu’un qui «veut couvrir ses arrières pour les livres d’histoire».
L’envoyé spécial de l’administration Obama pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke ? «Un homme dont les courriels ne valent même pas la peine d’être lus».
Le vice-président Joe Biden ? «Vous avez dit Bite Me ?» (va te faire voir en anglais).
Rolling Stone Politics

L’article reflète le fossé entre l’armée américaine et les conseillers d’Obama au moment où le Pentagone doit faire face à la critique de sa stratégie dans cette guerre qui s’enlise un peu plus chaque jour.

C’est une guerre vouée à n’être pas gagnée. Il s’agit de se créer une sortie honorable, une non victoire décente. C’est tout ce qu’il reste.
Metro

Whatever the nature of the new plan, the delay underscores the fundamental flaws of counterinsurgency. After nine years of war, the Taliban simply remains too strongly entrenched for the U.S. military to openly attack. The very people that COIN seeks to win over – the Afghan people – do not want us there. Our supposed ally, President Karzai, used his influence to delay the offensive, and the massive influx of aid championed by McChrystal is likely only to make things worse. « Throwing money at the problem exacerbates the problem, » says Andrew Wilder, an expert at Tufts University who has studied the effect of aid in southern Afghanistan. « A tsunami of cash fuels corruption, delegitimizes the government and creates an environment where we’re picking winners and losers » – a process that fuels resentment and hostility among the civilian population. So far, counterinsurgency has succeeded only in creating a never-ending demand for the primary product supplied by the military: perpetual war. There is a reason that President Obama studiously avoids using the word « victory » when he talks about Afghanistan. Winning, it would seem, is not really possible. Not even with Stanley McChrystal in charge
Rolling Stone Politics

Quand un militaire crache dans la soupe les carottes sont cuites !

23/06/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Le Kirghizistan construit par les médias


Que se passe-t-il réellement au Kirghizistan ? Quels sont les enjeux politiques des affrontements ? Quels sont les intérêts des grandes puissances dans cette région ? Autant de questions qui restent sans réponse à la lecture des médias dominants qui, comme d’habitude, réduisent la complexité du monde à des formules univoques.

Tous les médias dominants usent et abusent de l’expression « violences ethniques » [1] pour caractériser les conflits dans les ex-colonies ou dans les pays qui ont échappés à la « mission civilisatrice » de l’Europe.
Il est vrai que, en matière de violences ethniques, la civilisation occidentale peut donner des leçons à ces barbares. Elles ont fait environ 183 000 morts en 1870, environ 20 millions de morts entre 1914 et 1918 et de 50 à 60 millions de morts entre 1939 et 1945.

Quant il s’agit de caractériser les conflits qui déchirent la Belgique (membre de la Communauté Européenne), les médias dominants ne parlent pas de « violences ethniques« , mais de « conflit linguistique« . Bel euphémisme quand on sait que la Belgique est au bord de l’implosion ! [2]

Les médias dominants reprennent aussi en boucle les déclarations du mystérieux politologue (titre qui ne veut rien dire) Sergueï Massoulov [3] qui affirme, sans preuves, que les violences « sont l’oeuvre de groupes criminels organisés », « provoquées par la mafia » et « l’ancien président déchu, Kourmanbek Bakiev ». Même Lutte Ouvrière crédite cette interprétation de faits qui ne sont toujours pas clairement établis.

Les médias dominants se complaisent dans l’injonction compassionnelle en faveur d’une « situation humanitaire dramatique« . Les chiffres les plus fantaisistes circulent. Roza Otunbaïeva annonce plus de 2000 morts alors que le ministère kirghiz de la Santé n’a compté que 214 morts au 22 juin. L’OMS, experte en manipulations médiatiques (voir l’affaire de la grippe A(H1N1)), prétend qu’il y aurait 1 million de réfugiés sans dire d’où vient ce chiffre. L’ONU a lancé un appel de 71 millions de dollars auprès des pays donateurs.
Personne ne s’interroge sur cet empressement des organisations humanitaires à débarquer au Kirghizistan alors que les Palestiniens de Gaza ne bénéficient toujours pas de l’aide internationale plus d’un an après le massacre de 1 315 Palestiniens par l’armée israélienne.

Les médias dominants ne s’appesantissent pas sur le fait que le Kirghizstan abrite une base américaine à Manas, « indispensable pour mener la guerre en Afghanistan ». Il est vrai que la Russie possède aussi une base militaire qui lui permet de maintenir son influence dans la région et que certains l’incitent à s’impliquer comme la France l’a fait en Afrique. La Chine, quant à elle, construit un vaste réseau autoroutier et ferroviaire pour contrebalancer sinon contrecarrer la présence militaire américaine en Asie centrale [4].

Les médias dominants, curieusement, ne disent rien de l’enjeu politico-religieux qui explique pourtant la Sainte-Alliance entre les États-Unis, la Russie et la Chine pour contenir l’influence d’organisations dites « terroristes » comme le Hizb ut-Tahrir, organisation pourtant non-violente qui dénonce la corruption des pouvoirs en place et prône leur renversement. Très actif en Ouzbékistan, ce groupe est aussi présent au Kirghizistan et précisément à Och [5].

Pour tenter de comprendre ce qui se passe réellement au Kirghizistan, les enjeux politiques des affrontements et les intérêts des grandes puissances dans cette région, mieux vaut lire quelques ouvrages documentés :
• BIARNÈS Pierre, Pour l’empire du monde – Les Américains aux frontières de la Russie et de la Chine, Ellipses, 2003.
• DJALILI Mohammad-Reza et KELLNER Thierry, Géopolitique de la nouvelle Asie centrale – De la fin de l’URSS à l’après-11 septembre, PUF, 2003.
• PIATIGORSKY Jacques et SAPIR Jacques (dirigé par), Le Grand Jeu XIXe siècle – Les enjeux géopolitiques de l’Asie centrale, Autrement, 2009.
• POUJOL Catherine, Dictionnaire de l’Asie centrale, Ellipses, 2001.

21/06/2010
modifié le 23/06/2010 après publication sur AgoraVox et LePost
Serge LEFORT
Citoyen du Monde


[1] Voir articles via Google ou Yahoo!.
[2] Seul un site d’Abidjan ose titrer avec ironie « Belgique : Bataille Flamands-Wallons – Guerre ethnique au cœur de l’Europe« .
Lire aussi :
• La question linguistique en Belgique, Université Laval Québec.
• Carte Problèmes linguistiques et État fédéral belge, Atlas historique.
• Vers un nouveau Kosovo en Asie centrale ?, Courrier International.
Les problèmes linguistiques et de représentation des Ouzbeks, principale minorité du pays, sont la toile de fond des affrontements sanglants dans le Sud.
• La question linguistique au Kirghizistan, Université Laval Québec.
• Carte linguistique Turkménistan, Tadjikistan, Ouzbékistan & Kirghizstan, Mutuzikin.
[3] Le nom de Sergueï Massoulov apparaît pour la première fois dans une dépêche AFP. Ses propos sont repris par tous les médias sans que personne ne s’interroge sur l’identité de ce personnage et la crédibilité de cette source.
[4] Lire notamment :
• Manas : la base américaine du Kirghizistan, France Soir.
• Moscou doit prendre ses responsabilités, Courrier International.
• ENGDAHL F. William, La Russie et l’avenir du Kirghizistan, Voltaire.
• ENGDAHL F. William, La Chine et l’avenir géopolitique du Kirghizistan, Voltaire.
[5] RASHID Ahmed, Enquête sur une organisation secrète, Courrier International n°591.

 

Logiques coloniales d'exclusion


En 1911, lors de sa première réunion, la Commission pour la protection des indigènes du Congo belge choisit comme tout premier sujet de discussion la lutte contre la polygamie, affirmant solennellement sa conviction «de ce que le développement de la société indigène est lié à l’abandon progressif de la polygamie [qui] marquera les étapes du relèvement moral et matériel des populations sauvages de l’Afrique». Ce constat est alors partagé par l’ensemble du monde colonial : «l’abandon progressif de la polygamie» figure même au programme de la Charte coloniale – qui fait office de constitution pour le Congo –, au côté de (rien de moins que) la promotion de la liberté individuelle et de la propriété privée.

Loin d’être des questions marginales réservées aux missionnaires et à quelques moralistes pudibonds, la polygamie et plus généralement la sexualité, les formes de mariages et de rapports entre les sexes ont été au cœur des légitimations des projets impérialistes des XIXe et XXe siècles. Ces questions ont occupé une place de choix au sein de la «mission civilisatrice» : civiliser, c’est aussi délivrer les Congolais de leur misère morale et des infâmes pratiques matrimoniales qui avilissent leurs femmes. Une délivrance que seuls les Européens et leur «modernité» seraient évidemment en mesure d’apporter.

Loin d’être de simples discours «désincarnés», ces éléments ont fondé une rhétorique politique, imbriquant rapports de sexe et de race, qui se trouve au cœur des définitions des hiérarchies raciales. Tout au long de la période coloniale, le statut des femmes dans la société comme les questions sexuelles ont été utilisés comme des baromètres du niveau de «civilisation» des sociétés et ont fourni des arguments à l’appui des définitions de la supériorité des uns et de l’infériorité des autres. Rappelons que le tableau évolutionniste de l’humanité plaçait – schématiquement – tout au bas de son échelle la promiscuité incestueuse, un peu plus haut la polygamie et au pinacle la saine sexualité conjugale du mariage monogamique et la famille nucléaire victorienne.

Les frontières des catégories raciales se dessinent donc aussi — voire prioritairement — sur le terrain « privé » de la vie conjugale et domestique (voire sexuelle) et du rapport des genres. Si les relents évolutionnistes de ces discours ont été considérablement policés depuis la fin de la colonisation, leurs logiques n’en demeurent pas moins très actuelles. Dans la construction de la figure de l’immigré comme dans celle de «l’habitant du tiers-monde», le racisme postcolonial mobilise toujours une rhétorique sexuée et sexuelle. Plus que jamais peut-être, les constructions des différences (et des oppositions) entre «nous» et «eux» se jouent sur le terrain de l’ordre moral. Tandis que l’égalité des sexes et la liberté sexuelle sont brandies comme les étendards de la modernité démocratique européenne, l’oppression des femmes et le conservatisme familial et sexuel sont constitués comme les marqueurs par excellence des sociétés «rétrogrades» et anti-démocratiques. À une Europe autoproclamée (sexuellement) libérée et libérale, qui songe à présenter dans sa constitution, par un singulier raccourci historique, l’égalité des sexes comme un principe constitutif de la culture et de l’histoire européenne (sans pour autant proposer des mesures concrètes en la matière), nombreux sont les leaders politiques qui opposent un ailleurs «barbare» où les violences sexistes et homophobes seraient la norme. Nombreux sont ceux, surtout, qui agitent la menace que les immigrés venus de cet ailleurs font peser sur la «civilisation» européenne et sa modernité.

Lire la suite… LAURO Amandine, Les logiques morales de la situation post(coloniale), Politique n°65, Juin 2010.

Brèves du 19/06/2010


Économie des médias

17/06/2010, Le deuil inachevé du «Monde», Le Temps.

Journalistes et lecteurs du prestigieux quotidien [l’im-Monde] dénoncent l’ingérence «inacceptable» de Nicolas Sarkozy dans le processus de recapitalisation en cours. Ils défendent aussi un «modèle unique», plus complexe en réalité qu’il n’apparaît dans la légende du journal.

Afghanistan

17/06/2010, Les Etats-Unis ont chiffré la valeur de l’Afghanistan, Le Temps.

Pourquoi cet effet d’annonce? Deux hypothèses se dégagent. Alors que l’OTAN piétine et que les talibans ne cessent de gagner du terrain, les Américains, à la suite des Européens, s’interrogent sur leur présence dans l’Hindu Kuch. Il faut redonner du sens à cette «guerre choisie», comme la qualifie Barack Obama, dont l’objectif initial, rappelons-le, était de punir Al-Qaida et chasser ses protecteurs de Kaboul. Au risque de brouiller le message comme ce fut le cas avec le pétrole en Irak.

Le Monde héroïse Bigeard


Voilà comment l’im-Monde présente le général Bigeard dans sa lettre d’information du 18 juin :

Ancien résistant, cette grande figure du gaullisme est mort le jour du 70e anniversaire de l’appel du 18 juin 1940. Son nom reste associé aux guerres de décolonisation. Il sera accusé d’avoir pratiqué la torture en Algérie.

L’im-Monde ne précise pas d’où vient cette terrible accusation « d’avoir pratiqué la torture en Algérie », qui entache l’icône de son héros, certainement des islamo-gauchistes c’est-à-dire des mauvais Français qui ont soutenu la lutte d’indépendance du peuple algérien.

18/06/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

C’est la Torah qui commande !


Plus de 100.000 Juifs religieux ont manifesté jeudi en Israël pour fustiger « l’ingérence » de la Cour suprême d’Israël dans leurs affaires et affirmer la primauté de la Torah sur la loi civile.

Quelque 100.000 protestataires rassemblés au coeur de Jérusalem-Ouest, selon la police, plus du double d’après les organisateurs, se sont dispersés dans la soirée sans qu’aucun incident majeur n’ait été signalé. Une autre manifestation a réuni quelque 20.000 personnes à Bnei-Brak, ville à population juive orthodoxe située près de Tel Aviv.

Il s’agit du plus important mouvement de colère des Juifs religieux depuis plus de 10 ans en Israël. Les manifestations, retransmises en direct à la télévision, ont complètement éclipsé l’annonce par le gouvernement d’un allègement du blocus de Gaza.

L’effervescence des hommes en noir d’Israël répond à un arrêt de la Cour suprême interdisant la ségrégation entre enfants ashkénazes et séfarades dans une école religieuse de la colonie juive d’Immanuel en Cisjordanie occupée.

Les parents ashkénazes (originaires d’Europe centrale et de l’Est) refusent que leur progéniture aille en classe avec des fillette séfarades (d’origine orientale) malgré l’arrêt de la Cour suprême. Ils ont retiré leurs filles de l’école et doivent purger deux semaines de prison, la scolarisation étant obligatoire en Israël.

Ces familles – 86 personnes au total – appartenant au groupe hassidique Slonim avaient retiré leurs filles de l’école il y a un an pour protester contre une première décision de justice les obligeant à intégrer les jeunes séfarades.

Sur les banderoles des manifestants, les slogans ne cessent de rappeler la primauté de la loi religieuse sur les règles laïques.

« C’est la Torah qui commande ! », pouvait-on lire sur les panneaux des protestataires. Ou encore, sur des autocollants: « J’affirme respecter davantage la Torah que les décisions de la Cour (suprême) ».

Pour Yaakov, 20 ans, étudiant dans une yéchiva (école talmudique) de la Ville sainte, « il fallait venir manifester car le monde de la Torah est en danger. Nous devons soutenir ces familles qui sont l’honneur du peuple juif ».

La police israélienne avait été placée en « état d’alerte avancé ». Des unités de gardes-frontières appuyées par la police montée et des hélicoptères, survolant la foule de près, ont également mobilisées.

Accusés de discrimination raciale, les parents se sont présentés à la maison d’arrêt de Jérusalem. Les pères ont été transférés dans la soirée, à bord de deux autobus, vers une prison de Ramlé (centre du pays) où les attendaient une vingtaine de sympathisants chantant et dansant.

Les familles du groupe Slonim se défendent d’être racistes et expliquent leur refus d’accepter d’autres jeunes filles par des différences entre les traditions religieuses séfarades et ashkénazes.

Toutes mouvances confondues, les juifs orthodoxes récusent l’autorité de la Cour suprême, la plus haute instance juridique israélienne, au nom de la primauté de la Torah et de la loi religieuse.

En 1999, les Juifs haredim (les « craignant Dieu ») avaient rassemblé un demi-million de personnes à Jérusalem, la plus importante manifestation de l’histoire du pays, pour protester contre « la dictature » de la Cour suprême.

L’affaire de la colonie d’Immanuel a suscité la colère des principaux quotidiens et ravivé le conflit sourd entre laïcs et juifs orthodoxes.

Les premiers accusent les seconds de coercition pour imposer leur vision du monde, et leur reprochent de bénéficier d’une exemption du service militaire obligatoire.

En vertu d’un accord avec l’Etat, les jeunes juifs orthodoxes échappent aux obligations militaires s’ils étudient jusqu’à l’âge de 25 ans dans des instituts talmudiques, ce qui a aussi pour conséquence de ne pas les préparer correctement au marché du travail.

AFP

Lire aussi :
• 08/04/2010, Analyse du discours de Netanyahou à l’AIPAC, Monde en Question

Benyamin Netanyahou, qui se présente comme l’héritier de tous les dirigeants sionistes depuis 1948, poursuit imperturbablement la fuite en avant de l’État d’Israël vers la construction du Grand Israël des prophéties bibliques.
Benyamin Netanyahou reste enfermé dans les schémas idéologiques et stratégiques des années 1950 et s’accroche à la colonisation et à l’occupation militaire de la Palestine et du Golan.
Benyamin Netanyahou s’entête à refuser que le droit international s’applique à l’État d’Israël, mais exige qu’il s’applique à l’Iran.
Benyamin Netanyahou, avec la droite et l’extrême droite israélienne dont les religieux ultra-orthodoxes, n’a aucun projet pour son pays sinon le maintenir dans un état de guerre permanente.

• 18/07/2009, Violences des ultra-orthodoxes, Monde en Question

Rue89, agent de propagande II


Rue89 utilise la rhétorique, commune aux médias dominants, pour discréditer l’aide humanitaire qui tente de forcer le blocus de Gaza imposé aux Palestiniens par l’État d’Israël depuis juin 2007. L’équation journalistique est simple : musulman = terroriste.

L’auteure de l’article publiée par Rue89 brode allègrement sur ce thème récurrent. Elle prétend d’abord que le Croissant-Rouge est la « Croix-Rouge musulmane« , puis évoque une opération (terme militaire) préparée par l’Iran (le diable dans l’imaginaire occidentale) et enfin, pour ceux qui n’auraient pas compris, affirme que « l’organisation (musulmane) pourrait être escortée par les Pasdaran, une milice armée du pouvoir ».

Le plus drôle sont les preuves avancées :
• « Sur le site Web du Croissant-Rouge iranien, la page d’accueil est entièrement consacrée à cette opération ». Et l’auteure donne l’adresse du site… en persan. Très fort !
• Elle cite l’im-Monde, mais en transformant les phrases au conditionnel par le futur de l’indicatif. Petit détail qui change tout.

Et, comme si l’article sur lequel elle s’appuie n’était pas suffisamment tendancieux [1], elle en rajoute. La phrase « En 2009, l’Iran avait déjà tenté d’envoyer de l’aide humanitaire. » devient « Ce n’est pas la première tentative iranienne de pénétrer à Gaza. » Cet ajout « pénétrer à Gaza » sonne bien comme une invasion d’Israël par l’Iran puisque, sans aucun doute pour l’auteure, Gaza appartient à Israël !

La suite est de la même tonneau : le plagiat d’un article, publié ailleurs et non signé, visant à discréditer l’aide humanitaire apportée aux Palestiniens de Gaza. La pratique est tellement courante dans les médias dominants qu’elle passe inaperçue.

13/06/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
• 14/06/2010, Raid sanglant de l’armée israélienne : informations pointues et commentaires ajustés ?, Acrimed.
• 08/06/2010, Raid sanglant de l’armée israélienne : quelques « bavures » médiatiques, Acrimed.
• 07/06/2010, Raid sanglant de l’armée israélienne : France 2 à l’assaut de l’information, Acrimed.


[1] Florilège de la prose de l’im-Monde :
De son côté, le Croissant-Rouge – équivalent de la Croix-Rouge dans le monde musulman – iranien a annoncé, lundi 7 juin, qu’il allait envoyer trois bateaux avec « de la nourriture et des volontaires humanitaires » et un avion rempli de 30 tonnes d’aide humanitaire à Gaza.
Cette nouvelle tentative iranienne semble s’apparenter à une provocation, Téhéran ne reconnaissant pas l’Etat d’Israël. Les Gardiens de la révolution, armée idéologique du régime iranien, ont fait savoir qu’ils pourraient escorter la flottille humanitaire « en faisant usage de leurs capacités et équipements ».