Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives Mensuelles: mai 2010

Histoire de l’Afrocentrisme


Semaine consacrée à l’Afrique considérée comme un espace central à l’histoire du monde et non comme un continent marginal et périphérique.
La Fabrique de l’Histoire : 1/3, 2/3, 3/3

Lire aussi :
• FAUVELLE-AYMAR François-Xavier, La mémoire aux enchères – L’idéologie afrocentriste à l’assaut de l’histoire, Verdier, 2009 [La Fabrique de l’HistoireNonfiction].
• Mémoire de la traite négrière de l’esclavage et de leurs abolitions, Les Itinéraires de Citoyenneté.
Dossier documentaire & Bibliographie Afrique, Monde en Question.

Matière sensible


Alors que la quête de l’infiniment petit semblait seule capable de donner accès aux secrets de la matière, les chercheurs ont attiré l’attention sur les propriétés de la matière à «moyenne» échelle ? celle sous laquelle nous la rencontrons le plus souvent. On ne s’étonnera donc pas d’entendre ici disserter sur la mayonnaise et les sables mouvants, les cristaux liquides et le caoutchouc, mais on sera surpris par l’étrange caractère de cette matière dite «molle» ou «sensible», capable sous l’effet d’une infime modification de changer radicalement de comportement.

C’est un chapitre inédit de l’histoire de la matière que ce livre donne à lire, en invitant à la penser différemment. Ainsi que l’affirme en conclusion de sa préface Jean-Claude Carrière : «Voici que la matière, après des millénaires d’humiliation, donne des leçons à l’esprit. Au moins des leçons de vocabulaire. Juste retour des mots, sinon des choses.»

MITOV Michel, Matière sensible – Mousses, gels, cristaux liquides et autres miracles, Seuil, 2010 [Continent Sciences].

Lire aussi : MITOV Michel, Les cristaux liquides, QSJ PUF, 2000 [CNRS].
Les cristaux liquides occupent une place importante, interface entre l’homme et la machine, parmi les technologies d’affichage d’un texte ou d’une image. Les applications sont variées et vont des sciences de la vie aux télécommunications.

Renault, mythe national


Vendredi 30 avril, Carlos Ghosn a été réélu pdg de Renault. La poursuite de sa tâche à la tête du constructeur automobile frappé comme tous ses concurrents par la crise ne s’annonce pas simple. L’Etat français, premier actionnaire de Renault à 15% et qui a mis la main à la poche avec un prêt de 3 milliards d’euros, entend avoir son mot à dire. Nicolas Sarkozy a notamment reproché à Renault d’avoir trop délocalisé sa production. Mais l’Etat peut-il vraiment empêcher les restructurations, la baisse de l’emploi et les fermetures d’usines qui menacent ce secteur ?

Yves-René Tapon et Didier Sudre se sont rendus sur l’un des sites emblématiques de Renault : l’usine de Sandouville, à côté du Havre. Construite en 1964 pour assembler la R16, cette usine à toujours été dédiée au haut de gamme de la marque. Aujourd’hui, elle semble péricliter, ne produit plus qu’au tiers de sa capacité des Espace et des Laguna, n’emploie plus que 2.500 salariés contre 12.000 au plus fort de son activité. Pour maintenir le site, la direction de Renault y fera construire dans 2 ans le futur fourgon utilitaire de la marque. Mais sera-ce suffisant ? Pourquoi les constructeurs français délaissent-ils peu à peu les voitures haut de gamme ? Les voitures électriques, dont il n’est pas question pour l’instant à Sandouville, peuvent-elle assurer l’avenir ? Des salariés, des cadres, des syndicalistes de l’entreprise et des élus de la région s’efforcent de répondre à ces difficiles questions.

Interception

Lire aussi :
• BARTA, Articles, Archive des Marxistes [Lire notamment VDT Renault à partir du 13/02/1947].
• 15/05/1947, La grève des usines Renault, INA.
• 25/05/1947, BOIS Pierre, La grève des usines Renault, Archive des Marxistes.
• La grève Renault d’Avril-Mai 1947, Lutte Ouvrière.
• La grève de 1947 chez Renault, Pouvoir Ouvrier.
• Avril 1947 : La grève Renault enflamme la France, Alternative libertaire.
• Renault grèves de mai 1947 – Photos, Site perso.
• 08/07/2004, DEVILLARD Gil, Les fantômes du passé de Renault, La Bataille socialiste.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Les petits soldats de l'humanitaire



Monsieur Sac de riz

03/05/2010, Une histoire de l’humanitaire, 2000 ans d’histoire.

«La vertu d’humanité est un noble enthousiasme qui se tourmente des peines des autres et du besoin de les soulager.»
Diderot, L’Encyclopédie
L’histoire de l’humanitaire est aussi vieille que la charité qui depuis les Ordres Hospitaliers du Moyen-Age jusqu’aux Médecins sans Frontières d’aujourd’hui a poussé les hommes à venir en aide à toutes les victimes des guerres, des catastrophes naturelles ou de la misère. C’est l’aumône qu’impose l’Islam aux musulmans, Saint François d’Assise guérissant les lépreux, Saint Vincent ramassant les enfants perdus, ou sœur Emmanuelle dans les faubourgs du Caire. Pendant des siècles, l’humanitaire est resté presque toujours une affaire de religion. Jusqu’à ce qu’en 1863, Henri Dunant crée la Croix Rouge, la matrice de toutes ces O.N.G. que l’on voit partout dans le monde dès qu’un conflit, une famine ou une catastrophe naturelle nécessite leur intervention.

04/05/2010, Les petits soldats de l’humanitaire I, Là-bas si j’y suis.

Le monde est un endroit horrible.
Embuscade, attentat, enlèvement, terrorisme, guerre, mine, prise d’otage… Et vous, vous rêvez de devenir un « bienfaiteur » ou de le parcourir, ce monde. Journaliste, expatriés, humanitaire, voyageurs d’affaires… il va falloir vous former. Heureusement, Gallice security est là pour vous initier.
Un reportage de François Ruffin.

05/05/2010, Les petits soldats de l’humanitaire II, Là-bas si j’y suis.

Aguerrissement mental. Au cas où, pour savoir faire face. Aux enlèvement, aux prise d’otages, aux attentats, auxquels journalistes, humanitaires ou expatriés pourraient être confrontés. Oui, le monde est horrible. Mais l’Irak est un eldorado financier. Alors il faut bien se préparer, avec Gallice security, pour y aller.
Un reportage de François Ruffin.

Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Aide humanitaire – Colonialisme humanitaire, Monde en Question.

Politiques Sociales n°74


Lire aussi : Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Massacres coloniaux


À l’heure où le film de Rachid Bouchareb provoque une polémique de la part des nostalgiques de l’Empire colonial français, qu’ils soient de droite ou de gauche (les plus redoutables), il est utile de lire cet ouvrage sur la réalité méconnue ou oubliée des guerres coloniales [1].

Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, de Sétif (mai-juin 1945) à Madagascar (1947), d’Haiphong (1946) à la Côte-d’Ivoire (1949-1950) et à Casablanca (1947), l’armée française a massacré des dizaines de milliers d’hommes et de femmes dont le seul tort était de revendiquer pour plus de libertés ou pour l’indépendance. Ce sont ces pages sanglantes de l’histoire de France, méconnues, voire effacées, qu’Yves Benot retrace dans ce livre. Mobilisant l’ensemble des documents disponibles, il montre comment et pourquoi les gouvernements de la IVe République, bien peu soucieux du respect de la légalité républicaine, ont choisi la voie de la répression sauvage pour préserver la cohésion de l’Empire français. Et il analyse aussi les débats auxquels cette politique a donné lieu en France même, en mettant en lumière l’opposition de certains intellectuels, de ceux des clercs qui n’ont pas trahi comme Jean-Paul Sartre ou Paul Ricœur.
Yves BENOT, Massacres coloniaux – 1944-1950 : la IVe République et la mise au pas des colonies françaises, La Découverte, 1994 et 2005

08/05/2010
Serge LEFORT
Citoyen du Monde

Lire aussi :
Dossier documentaire & Bibliographie Algérie, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.


[1] Lire :
• Massacres de Sétif, Monde en Question.
• La polémique provoquée par le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb : des livres pour comprendre, La Découverte.

Plomb durci


Mardi 11 mai 2010 à 16h00 à l’Action Christine (Paris 6ème)
Documentaire sur l’offensive israélienne dans la bande de Gaza
Stefano SAVONA, Piombo fuso, 2009 [IMDbMondialisation].

Lire aussi :
Chronique Colonisation de la Palestine 2008 Monde en Question.
Chronique Colonisation de la Palestine 2009 Monde en Question.

Immigration(s)


L’histoire de l’immigration en France a toujours été à la marge de l’histoire nationale. Pourtant, elle est bien présente dans la trame même de ce que certains appellent « l’identité nationale ».
BLANCHARD Pascal, Immigration(s), Afriscope

« Chair à canon », « indigènes », « oubliés de l’histoire »… toutes les expressions se mêlent quand il s’agit d’évoquer le destin des soldats d’outre-mer qui ont servi la France. Autrefois objets de tous les fantasmes, des clichés les plus dégradants aux plus patriotiques, héroïsés de manière presque caricaturale par la presse ou les fabricants de jouets, souvenirs et cartes postales, diabolisés par la propagande allemande, les tirailleurs, qu’on appelait alors tous sénégalais, sont aujourd’hui inscrits dans tous les débats de société autour de l’immigration.
DEROO Éric, Les tirailleurs, entre mémoire et histoire, Afriscope

Lire aussi :
• BANCEL Nicolas, BERNAULT Florence, BLANCHARD Pascal, BOUBEKER Ahmed, MBEMBE Achille, VERGÈS Françoise (sous la direction de), Ruptures Postcoloniales – Les nouveaux visages de la société française, La Découverte, 2010 [Achac].

Comment penser la France d’aujourd’hui sans verser dans la nostalgie à l’égard de sa mythique grandeur passée, et comment construire un nouveau « vivre ensemble » ? De quelle manière sortir des pièges de l’identité nationale et des fantasmes sur les dangers de l’immigration ? Comment penser les relations de la France dans le monde postcolonial, alors que le continent africain fête les cinquante ans d’indépendance des anciennes colonies françaises, que les territoires des outre-mers réclament de nouveaux rôles dans la République et que de nouveaux centres et périphéries émergent ?
Prolongeant le tableau dressé en 2005 dans La Fracture coloniale – La société française au prisme de l’héritage colonial, les auteurs de ce livre apportent un éclairage original sur les courant encore mal connus en France des post-colonial et subaltern studies. Ils tentent de comprendre pourquoi ces courants engagent tant d’oppositions et de fantasmes et examinent la société française à l’épreuve des perspectives postcoloniales.

Dossier documentaire & Bibliographie Colonialisme, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.

Crise financière, les six étapes d'un désastre


L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ?

Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut facilement identifier l’un d’entre eux : les coupes budgétaires mises en œuvre sous la pression… des investisseurs et des agences de notation.

La boucle est ainsi bouclée. Avec le recul, les pièces éparses des krachs économiques à répétition survenus ces trois dernières années composent peu à peu le thème d’un puzzle bien connu. Son cadre : la vague de déréglementation financière des années 1980. Son nom : à crise de marché, remèdes de marché.

Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. Depuis l’éclatement de la «bulle Internet» en 2000, la Réserve fédérale américaine maintient en effet des taux d’intérêts très bas, favorisant l’aventurisme des investisseurs.

Deuxième étape : en septembre 2008, la crise des subprime dégénère en crise bancaire, les bilans des établissements financiers se révélant farcis de crédits immobiliers insolvables ventilés aux quatre coins de la planète dans des produits financiers sophistiqués. Lehman Brothers chute ; la panique gagne ; les banques cessent d’accorder du crédit : l’économie est au bord de l’asphyxie.

Troisième étape : plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état. Les Etats s’endettent hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie. Mais, après vingt ans de baisse continue de la fiscalité, les recettes ne suivent pas. Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise sociale. Dans les pays occidentaux, le chômage grimpe en flèche.

Quatrième étape. Requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires ordinaires. Pendant la tourmente boursière, beaucoup ont reporté leurs avoirs du marché actions (perçu comme incertain) vers celui des dettes publiques (réputé sûr). Mais celles-ci enflent dangereusement et ne servent qu’un faible taux d’intérêt. Le faire monter : telle est la conséquence de «l’attaque» spéculative sur la dette souveraine des pays «périphériques» de l’Europe entamée après la révélation du maquillage des déficits grecs – carambouille effectuée avec l’aide de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Cinquième étape. Dès lors que les puissances publiques se refusent à stopper la spéculation par la loi et par une aide immédiate à la Grèce, un cercle vicieux s’enclenche : il faut emprunter pour payer la dette ; réduire ses déficits pour emprunter ; tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits ; abaisser les salaires, les prestations sociales et «réformer» les retraites pour réduire les dépenses publiques. Autant de mesures qui appauvrissent les ménages, obscurcissent les perspectives économiques et incitent les agences de notation à dégrader les titres de la dette souveraine…

D’abord présentée aux Etats, la facture adressée par les banques pour le prix de leur propre impéritie échoit alors à son destinataire final : les salariés.

Sixième étape. L’effondrement des dominos européens. Nous y sommes. Miroir de la désunion européenne, le plan d’aide à la Grèce entériné le 11 avril tente tardivement de concilier tous les antagonismes : l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) avec le sauvetage des apparences communautaires ; la mise sous tutelle d’Athènes et le principe de souveraineté nationale ; l’intérêt bien compris des banques françaises et allemandes, lourdement exposées à la dette grecque, et le Traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui interdit la solidarité financière avec un Etat membre (articles 123 et 125) ; le montant des prêts initialement prévus (45 milliards d’euros, dont 15 par le FMI) et les sommes désormais jugées nécessaires pour endiguer l’activité spéculative (deux, voire trois fois supérieures) ; le modèle économique rhénan qui comprime les salaires pour dilater les exportations, et les balances commerciales négatives de ses voisins ; l’agenda politique de la chancelière allemande Angela Merkel, confrontée à un important scrutin régional le 9 mai, et celui des dirigeants des pays les plus endettés qui voient l’orage spéculatif aborder leurs rivages.

En vertu de cet arrangement, la Grèce pourra emprunter à des taux moins élevés que ceux du marché (mais infiniment plus que ceux, pratiquement nuls, associés aux sommes débloquées sans limite par la Banque centrale européenne en faveur d’établissements privés en 2008 et 2009). Elle devra en contrepartie réduire de 5, voire de 6 points, un déficit budgétaire estimé à 14 % du produit intérieur brut. Une saignée violente, opérée prioritairement dans les budgets sociaux, mais déjà insuffisante aux yeux Berlin. Moins de dix jours après son annonce, les cortèges hostiles se succédaient dans les rues d’Athènes, le spectre du défaut de paiement planait sur l’Acropole, la crise de la dette souveraine gagnait la péninsule ibérique et les rumeurs d’éclatement de la zone euro se propageaient.

Faite d’improvisation, de crainte et de résignation face aux impositions de la finance, la réaction des Etats, des institutions européennes et du FMI se caractérise par l’absence de stratégie d’ensemble : on se contente de répercuter la contrainte des marchés tout en jurant d’y résister. Elle incite les pays membres à se démarquer mutuellement dans l’espoir d’échapper aux paris des investisseurs. Une fois les «partenaires» placés en situation de concurrence, c’est à qui exhibera le plan d’austérité le plus drastique. A Lisbonne comme à Athènes, à Dublin comme à Madrid, résonne un mot d’ordre unique : «rassurer les marchés» – un an auparavant, les dirigeants du G20 promettaient de les dompter. Au fond, la dynamique réfracte involontairement la logique réelle de l’Union européenne, promise à tous comme un espace de solidarité et finalement livrée au dumping social, salarial, fiscal et maintenant spéculatif… D’autres solutions s’offraient pourtant au choix des gouvernants.

Comme la mer qui se retire, la crise découvre la fragilité d’une construction qui, depuis son origine, repose sur un pari : l’union douanière et monétaire entraînera l’union politique et populaire. C’est peu dire qu’il est perdu.

30 avril 2010
Pierre Rimbert
Le Monde diplomatique

Lire aussi :
• Las tres dimensiones de la crisis, Monde en Question.
Dossier documentaire & Bibliographie Économie crise, Monde en Question.

Cinquantenaire des indépendances africaines


« Que faire du cinquantenaire des indépendances africaines ? », tel est le prochain thème débattu par le magazine Afriscope, qui s’associe pour l’occasion au magazine Mondomix.

Lire aussi :
Afriscope
Africultures
Mondomix
Dossier documentaire & Bibliographie Afrique, Monde en Question.