Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives Journalières: 15/12/2009

Lire Marx


BENSAÏD Daniel & CHARB, Marx, mode d’emploi, La Découverte, 2009 [Texte en ligne Zones].

Dans les années 80, en pleine offensive néolibréale, le magazine Newsweek pouvait titrer, triomphalement : «Marx est mort.»
Mais les spectres ont la peau dure. Aujourd’hui, Marx est de retour. En ces temps de crise fracassante du capitalisme et de grande débandade idéologique, on le redécouvre. Même le très libéral conseiller de l’Élysée, Alain Minc, s’est récemment déclaré «marxiste» – sans rire – en matière d’analyse économique.
Mais qui fut Marx ? Qu’a-t-il vraiment dit ? Ce petit ouvrage offre une introduction ludique à sa pensée, sa vie, son œuvre. Un panorama clair et souvent drôle qui associe bande dessinée et philosophie, humour et esprit de synthèse pour présenter dans toute son actualité la pensée du principal théoricien de l’anticapitalisme.

DUMÉNIL Gérard, LÖWY Michael, RENAULT Emmanuel, Lire Marx, Quadrige PUF, 2009 [Mediapart].

Deux impératifs ont présidé à la rédaction de cette introduction à la lecture de Marx : d’une part, le regain d’intérêt pour sa pensée en ce début de XXIe siècle, qui semble tout à coup plus d’actualité que jamais, certains allant jusqu’à faire de lui le grand penseur de notre modernité ; d’autre part, l’indisponibilité des recueils de morceaux choisis traduits en français, ou leur manque d’appareil critique.
Car, pour appréhender pleinement la force de sa pensée, il est nécessaire de se plonger directement dans ses textes, de voir comment sa pensée prend forme, comment ses idées s’agencent et s’articulent. C’est précisément le but de ce livre que de permettre, grâce à une mise en contexte et des explications, d’encadrer la lecture des écrits de Marx, non pas en faisant écho aux innombrables débats d’interprétation et commentaires issus du marxisme-léninisme, mais pour donner envie au lecteur de retourner aux textes intégraux afin de ne plus confondre l’original et la contrefaçon, les idées de Marx et leur caricature.
L’ouvrage aborde, en trois parties, trois domaines dans lesquels la pensée de Marx est essentielle : les sciences politiques, la philosophie et les sciences économiques. Bien que son oeuvre, par vocation, procède de l’imbrication des trois dimensions de sa théorie et, au-delà, d’une unité entre travail théorique et intervention pratique (philosophie de la praxis), elle n’en présente pas moins un intérêt théorique spécifique dans chaque discipline. L’ordre de la présentation vise à faire apparaître la cohérence de son projet – au travers de ses réactions aux évolutions historiques de son temps, de sa trajectoire le menant de la critique de la philosophie à la critique de l’économie politique -, ainsi que son incroyable actualité, à la lumière des débats politiques, philosophiques et économiques actuels.

DUMÉNIL Gérard, LÖWY Michael, RENAULT Emmanuel, Les 100 mots du marxisme, QSJ PUF, 2009 [Mediapart].

Bien qu’il ait refusé le terme de son vivant, le marxisme est d’abord la pensée de Karl Marx, pensée d’une richesse proprement extraordinaire, et en constante évolution. Mais ce que le marxisme doit à Marx est indissociable de ce qu’il doit à Engels, le coauteur – entre autres – du Manifeste du Parti communiste, et l’éditeur posthume des volumes 2 et 3 du Capital. Après leur mort, leurs idées furent développées dans des directions très diverses par des penseurs et des courants politiques se réclamant de leur héritage. Elles inspirent encore aujourd’hui la plupart des contestations radicales de l’ordre capitaliste.
En 100 entrées, cet ouvrage éclaire les principales notions du marxisme et rend compte de l’imbrication des enjeux et débats politiques, économiques et philosophiques au coeur de chacune d’entre elles.

FISCHBACH Franck (sous la direction de), Marx – Relire Le Capital, PUF, 2009.

Disons aussitôt ce que ce livre ne fait pas : il na pas la naïveté de prétendre que «tout est dans Marx», que Marx avait raison seul avant tout le monde, que toutes les évolutions des sociétés capitalistes, y compris les phénomènes récents de financiarisation du capital, étaient déjà exactement décrites et en quelque sorte anticipées par Le Capital. Il ne prétend donc pas quil faut revenir purement et simplement à Marx et à la lettre du Capital. Au contraire, on montrera ici que Marx ne peut être actuel quà la condition qu’on actualise Le Capital, et même qu’on le corrige et le modifie sur certains points essentiels : dans un contexte de redécouverte du Capital, la tâche est d’autant plus urgente et, si lon veut éviter de renouveler certaines erreurs passées, alors il faut cesser de considérer Le Capital comme un monument intouchable, et tenter au contraire de poursuivre une recherche que Marx na pas lui-même achevée, et de mener ainsi à son terme «la logique du Capital».

10/10/2009-10/04/2010, Séminaire Marx au XXIème siècle : l’esprit et la lettre, Université Paris 1-Sorbonne [entrée libre et gratuite].

Dire que la pensée de Marx est vivante ne peut plus être aujourd’hui une déclaration abstraite et sans conséquence. C’est bien la radicalité même de cette pensée qui en est la cause, et non la perspective de son inscription sans heurt au sein d’une tradition «classique». Dès lors, c’est seulement un travail poursuivi d’exploration et d’invention qui peut le montrer. C’est pourquoi ce séminaire se veut un lieu de débat, de découverte et de confrontation, original à plusieurs titres.
Il s’agit de se confronter aux textes de Marx et du marxisme avec la plus grande rigueur historique et philologique, en développant et en présentant, le travail éditorial autant que critique, déjà réalisé ou en cours de réalisation, et cela sur le plan international.
Il s’agit de surmonter les découpages rigides et les barrières disciplinaires, de faire se croiser les axes, philosophique, sociologique, économique, etc., en les unissant autour de leur portée concrète ou pratique : c’est la volonté d’intervention théorique et politique de l’engagement critique qui, sans dogmatisme, définissent un rapport vivant à Marx aujourd’hui.
Il s’agit donc d’être offensifs, dans un contexte d’hégémonie, à la fois puissante et fragile, de la pensée dominante. Il importe d’ouvrir les fenêtres, de déranger les évidences, de rejeter les mauvais procès et de récuser les anathèmes. Rien de plus utile pour cela que de se confronter à toutes les idées du présent, d’être attentif à tous les courants de pensée. Bref, d’investir tous les points hauts de la pensée contemporaine, en philosophie, économie, histoire, sciences sociales, sciences de la nature, etc., en vue d’une confrontation informée et sans timidité.

Lire aussi :
• Dossier documentaire & Bibliographie Marxisme, Monde en Question.