Monde en Question

Analyse de l'actualité économique, politique et sociale dans le monde

Archives Mensuelles: décembre 2009

La diversité contre l'égalité


MICHAELS Walter Benn, La diversité contre l’égalité, Raisons d’agir, 2009.
Pour : Article11Blogs du DiploCNLLiens socioMarianneObservatoire des inégalitésRelectures
Contre : Daniel Sabbagh, MouvementsLMSI (présenté par Sylvie Tissot [1]) – Jérôme Vidal, Revue Internationale des Livres et des Idées.

À la télévision comme dans les entreprises, au Parti socialiste comme à l’Elysée, à Sciences Po comme à l’armée résonne un nouveau mot d’ordre : Vive la diversité ! Avec l’élection de Barack Obama, le bruissement s’est changé en clameur. Désormais, chacun devrait se mobiliser pour que les femmes et les « minorités visibles » occupent la place qui Leur revient au sein des élites. Mais une société dont les classes dirigeantes reflètent la diversité a-t-elle vraiment progressé sur le chemin de la justice sociale ? A cette question jamais posée, Walter Benn Michaels répond par la négative. La promotion incessante de la diversité et la célébration des « identités culturelles » permettent au mieux, selon lui, de diversifier la couleur de peau et le sexe des maîtres. Sans remettre en cause la domination qui traverse toutes les autres : celle des riches sur les pauvres. À l’aide d’exemples tirés de la littérature, de l’histoire et de l’actualité, ce livre montre comment la question sociale se trouve désamorcée lorsqu’elle est reformulée en termes ethnico-culturels. Plus fondamentalement, il s’interroge sur l’objectif d’une politique de gauche : s’agit-il de répartir les inégalités sans discrimination d’origine et de sexe, ou de les supprimer ?

Mon intention ici n’est évidemment pas de soutenir que la discrimination positive (ou l’engagement pour la diversité en général) accroît les inégalités. Mais plutôt de montrer que la conception de la justice sociale qui sous-tend le combat pour la diversité – nos problèmes sociaux fondamentaux proviendraient de la discrimination et de l’intolérance plutôt que de l’exploitation – repose elle-même sur une conception néolibérale. Il s’agit d’ailleurs d’une parodie de justice sociale qui entérine l’élargissement du fossé économique entre riches et pauvres tant que les riches comptent (proportionnellement) autant de Noirs, de basanés et de Jaunes que de Blancs, autant de femmes que d’hommes, autant d’homosexuels que d’hétérosexuels. Une justice sociale qui, en d’autres termes, accepte les injustices générées par le capitalisme. Et qui optimise même le système économique en distribuant les inégalités sans distinction d’origine ou de genre. La diversité n’est pas un moyen d’instaurer l’égalité ; c’est une méthode de gestion de l’inégalité.

Lire aussi :

• La question sociale ensevelie sous les faux débats, Le Plan B n°1, Octobre 2007.
• Février 2009, MICHAELS Walter Benn, Liberté, fraternité… diversité ?, Le Monde diplomatique.
• Juin 2008, MICHAELS Walter Benn, Toutes les inégalités n’offensent pas le candidat Barack Obama, Le Monde diplomatique.
• Dossier documentaire & Bibliographie Immigration, Monde en Question.
• Dossier documentaire & Bibliographie Inégalités & Précarité, Monde en Question.


[1] LMSI n’a rien écrit de pertinent à propos de ce livre, mais a répété plusieurs fois (17/11/2009 et 20/11/2009) le même message sans l’argumenter : «petit livre trop encensé» ; «philosophiquement inepte, sociologiquement indigent et politiquement dégoûtant».
L’équipe de LMSI serait bien inspiré d’écouter l’édifiant dialogue consensuel entre Lynda Asmani, conseillère UMP de Paris et Bariza Khiari, sénatrice PS de Paris sur les «minorités visibles en politique», Le rendez-vous des politiques – France Culture.
Cette organisation, comme celles qui prétendent représenter les Français issus de l’immigration coloniale, souhaite-t-elle participer à l’équivalent de l’UGIF, dénoncée par Maurice Rajsfus comme collaborationniste par «réflexe de classe» ?
Maurice Rajsfus, Des Juifs dans la collaboration, L’U.G.I.F. 1941-1944, préface de Pierre Vidal-Naquet, EDI, 1980 [Archives des sciences sociales des religions].

Voile médiatique


TÉVANIAN Pierre, Le voile médiatique – Un faux débat : «l’affaire du foulard islamique», Raison d’Agir, 2005 [AcrimedOumma].

Et si « la question du voile à l’école » était une fausse question ? Et si elle avait été inventée par les journalistes et les politiques ? Ce livre raconte l’histoire édifiante de la construction médiatique d’une affaire qui a pris peu à peu des proportions gigantesques, conduisant au vote d’une loi répressive et à la déscolarisation de centaines d’adolescentes. Comment une loi programmant ces exclusions a-t-elle pu être votée avec un large consentement de « l’opinion publique » ? Comment ce foulard, qui suscitait des contentieux de plus en plus rares et facilement résolus, a-t-il pu être présenté comme un problème crucial, au sein d’une école pourtant traversée par des problèmes d’une tout autre nature et d’une tout autre ampleur ? À partir de données chiffrées et d’analyses précises, ce livre déconstruit les mécanismes médiatiques qui ont fabriqué et imposé un faux problème, sélectionné les « experts autorisés », et écarté la plupart des voix discordantes. Il montre également comment la question a été posée en des termes suffisamment abstraits pour occulter les conséquences de la prohibition du voile, en particulier l’exclusion scolaire. Il montre enfin comment ce débat empoisonné a installé et, en quelque sorte, autorisé un climat général de racisme anti-musulman.

Dossier documentaire & Bibliographie Voile & Burqa créé le 09/02/2004 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

Quatre siècles de négrophobie


TOBNER Odile, Du racisme français – Quatre siècles de négrophobie, Les Arènes, 2007 [AfriradioAlternative Libertaire AlsaceBakchichBakchich-Dailymotion – Dailymotion 1/3, 2/3, 3/3Journal du CamerounLMSISurvie].

De la traite négrière et son Code noir, de la paresse des nègres chère à Montesquieu, de Voltaire et ses propos sur l’esclavage, à Pascal Bruckner et Hélène Carrère d’Encausse, en passant par Pascal Sevran et la bite des noirs, Alain Finkielkaut ou Georges Frêche et leurs propos sur l’équipe de France de football, Jacques Chirac et « le bruit et l’odeur » ou encore Nicolas Sarkozy et le discours de Dakar, Odile Tobner démonte le socle raciste des regards portés sur les noirs.

Dossier documentaire & Bibliographie Racisme créé le 28/03/2009 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

Construction médiatique de l’islamophobie


DELTOMBE Thomas, L’Islam imaginaire – La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, La Découverte, 2005 [AmazonAltéritésApproches Cultures & TerritoiresMondialisationOummaPolitis].

«Péril islamiste» ou «menace terroriste», «dérives communautaristes» ou «menaces sur la République» : le «problème de l’islam» est aujourd’hui au cœur des débats publics en France. Mais quel est donc le «problème» ? Pourquoi les «musulmans» sont-ils constamment sur la sellette ? Et, surtout, comment les médias ont-ils progressivement construit une véritable islamophobie ?
Pour comprendre cette évolution, Thomas Deltombe s’est plongé dans les archives de la télévision française : il a passé au crible les journaux télévisés du 20 heures et les principales émissions consacrées à l’islam sur les grandes chaînes nationales depuis… trente ans. De la révolution iranienne de 1979 aux suites du 11 septembre 2001 et aux derniers débats sur le «foulard», le récit qu’il rapporte ici de ce voyage au cœur de la machine à façonner l’imaginaire est aussi sidérant que passionnant.
Décortiquant dérapages et manipulations, Thomas Deltombe montre comment le petit écran a progressivement fabriqué un «islam imaginaire», sous l’effet conjoint de la course à l’audience et d’une idéologie pernicieuse de stigmatisation de l’«Autre» musulman.

Dossier documentaire & Bibliographie Propagande créé le 21/03/2008 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

Grand aveuglement d’Israël


ENDERLIN Charles, Le grand aveuglement – Israël et l’irrésistible ascension de l’islam radical, Albin Michel, 2009 [EnderlinAFPS-PolitisRadio CanadaRadio OrientRue89].

En encourageant le développement à Gaza de la branche la plus extrémiste des Frères musulmans, Israël a joué avec le feu pendant près de deux décennies. Les gouvernements successifs à Jérusalem n’ont-ils pas longtemps cru que le cheikh Yassine, fondateur du Hamas, pouvait être « l’antidote à l’OLP » ? Il est vrai qu’à l’époque les États-Unis eux-mêmes, en finançant et en armant les moudjahidine afghans, avaient grandement sous-estimé la menace islamiste. Ni la CIA ni les services de renseignements israéliens n’ont alors pris la peine d’analyser – voire de traduire – les textes diffusés par ces organisations. Ils découvriront trop tard qu’ils ont, de fait, participé à la création du Hamas et d’Al-Qaida. Dans ce nouveau document d’enquête, l’auteur raconte, à partir de sources exceptionnelles et souvent exclusives, l’incompréhension, l’aveuglement, le double jeu parfois des services de renseignements et des politiques à Jérusalem, à Tel-Aviv et à Washington. Il décrit aussi comment l’occupation israélienne, le développement de la colonisation dans les territoires palestiniens et la politique américaine au Proche-Orient ont fait le lit de l’islam radical. Autant de leçons d’histoire à méditer pour tous ceux qui prétendent oeuvrer à une paix juste et durable dans la région.

Dossier documentaire & Bibliographie Palestine/Israël créé le 26/06/2004 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

Retour du roman national


OFFENSTADT Nicolas, L’histoire bling-bling – Le retour du roman national, Stock, 2009 [Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoirel’HumanitéLa vie des idéesLe blog de l’histoireRadio Orient].

L’histoire n’est jamais restée la propriété des seuls historiens. Mais de nos jours, elle est devenue un enjeu politique majeur. D’un côté, de multiples groupes cherchent à saisir leurs passés, souvent marqués par la souffrance (persécutions, esclavage…), de l’autre, le président de la République, appuyé sur un courant de fond, y compris dans la sphère intellectuelle, tente de faire renaître le roman national, ce grand récit patriotique bâtissant une France toute de cohérence et de progrès.

Dossier documentaire & Bibliographie Nationalisme créé le 28/03/2009 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

La question sociale


Un film de Thomas Lacoste avec Robert Castel
La Bande Passante

8 films-entretiens sur le travail et les luttes sociales réalisés par Thomas Lacoste avec Etienne Balibar, Robert Castel, Patrice de Charette, Christophe Dejours, Charles Piaget et Renaud Van Ruymbeke.

La valeur travail : on se souvient que lors de la dernière campagne présidentielle, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy n’avaient de cesse de s’y référer. Elu président, Sarkozy ne parle désormais plus du travail, dans un contexte pourtant marqué par la crise financière et ses effets délétères sur l’emploi : licenciements massifs, mobilité forcée, etc.

Les entretiens réunis par La Bande Passante reviennent sur ce qui est bien « la » question sociale, aujourd’hui comme hier : le travail. Cette série d’entretiens croise les regards du philosophe, du sociologue, du psychologue, du juriste, du syndicaliste sur la centralité du travail, la souffrance qu’elle génère aussi (Christophe Dejours), l’installation d’une partie croissante des travailleurs dans le précariat (Robert Castel), les mobilisations passées autour du travail (Etienne Balibar sur 68, Charles Piaget sur LIP) qui permettent aussi de penser les révoltes présentes, les tentatives du pouvoir pour corseter l’action des juges en matière de droit du travail (Patrice de Charette) ou de lutte contre la corruption financière (Renaud Van Ruymbeke).

Lire aussi :
L’Autre campagne.
• Dossier documentaire & Bibliographie Économie sociale, Monde en Question.

Crise sociale et médias


PADILLA VILLARREAL Beatriz, Médiatisation et identification comme facteurs intervenant dans l’irruption de la crise sociale – Une analyse biculturelle de contenu de la presse écrite et modélisation, Thèse soutenue publiquement le 17 juin 2005 à l’Université Jean Moulin Lyon 3 [Télécharger].

L’objet central de cette thèse est l’étude de la crise sociale et des principaux facteurs qui contribuent à son déclenchement. A travers le modèle théorique proposé, nous essayons d’expliquer le passage du réel – l’événement – à celui de la représentation symbolique – la crise. Médiatisation et identification sont ainsi les constantes répertoriées dans ce processus, secondées par certaines variables qu’influencent, également, l’irruption de la crise sociale. Concernant la médiatisation, les variables de la quantité d’information et de la mise en scène énonciative et visuelle de celle-ci contribuent à la visibilité et à la construction du sens de l’événement. Quant à l’identification, elle peut être définie comme la proximité réelle ou symbolique entre l’événement et le public. Elle dépend de l’interprétation de l’événement, soumise toujours aux spécificités de l’identité personnelle et de l’appartenance des individus, notamment les critères socioculturels. La crise sociale se manifeste par un état d’inquiétude généralisée, par une malaise sociale partagée entre les individus, face à des événements qui portent atteinte réelle ou symbolique à leur intégrité physique, à leur mode de vie ou aux conditions sociales de leur existence. Le public, se sentant concerné, se mobilise, mettant en question les pouvoirs politique ou organisationnel. La crise est sociale par excellence, car loin de la nature de l’événement à son origine, elle implique toujours les acteurs sociaux, en plus de déstabiliser le pouvoir politique et de générer des pertes économiques. Le modèle de la crise sociale présenté dans cette thèse a été validé par une analyse de contenu des quotidiens El Pais (Espagne) et Le Monde (France), portant sur le thème du naufrage du pétrolier Prestige. Cette analyse a permis de constater des différences dans l’intensité et dans le traitement de l’information dans ces journaux et l’évolution médiatique d’un accident en catastrophe écologique et puis en crise sociale et politique dans l’un des pays étudiés.

Dossier documentaire & Bibliographie Médias créé le 19/06/2004 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

République mise à nu


GUÉNIF-SOUILAMAS Nacira (sous la direction de), La république mise à nu par son immigration, La Fabrique, 2006 [Le Monde diplomatique].

Violence, machisme, sécurité, laïcité, intégration ; antisémitisme : les mots partout répandus sur le sujet de l’immigration sont piégés, et ce piège est monté autour de la défense de la République. Dans ce livre collectif, les mécanismes et les discours stigmatisant les immigrants postcoloniaux sont montrés pour ce qu’ils sont : les instruments du maintien de l’ordre (républicain), de la tradition à conserver contre les intrusions barbares, du sauvetage de la belle langue française mise à mal par le parler des banlieues… Le paradoxe de cette lutte d’arrière-garde est qu’elle conduit à abandonner les principes qui ont fondé la cité politique en France – au nom, justement, des « valeurs républicaines ».

Dossier documentaire & Bibliographie Immigration créé le 15/12/2005 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.

Écouter aussi : Pourquoi est–il plus difficile de réussir pour les enfants d’immigrés ?, Du grain à moudre – France Culture.

Aux Etats-Unis, 25% des sociétés créées au cours des 15 dernières années et cotées en bourse ont pour fondateur(s) un immigré. Un quart. C’est particulièrement vrai dans les secteurs de pointe, où ce taux s’élève à 40%. Les Américains peuvent se féliciter d’avoir donné leur chance à ces immigrés – qui viennent souvent d’Europe, comme Pierre Omidyar, le fondateur d’eBay. Sur les 400 000 emplois générés en 2005 par ces sociétés créées, aux Etats-Unis, par des immigrés, 245 000 ont pour fondateur un Européen.
Généralement, lorsqu’on prend la décision, lourde et douloureuse, de quitter son pays et d’aller installer sa famille dans un nouvelle contrée, c’est qu’on estime impossible de se dessiner un avenir parmi les siens ; c’est qu’on estime donner de meilleures chances de réussite à ses enfants en rangeant sa vie dans des valises et en s’en allant.
Qu’en est-il de la France à cet égard ? Ceux et celles qui nous ont choisi pour destination peuvent-ils raisonnablement estimer avoir pris la bonne décision ?
Les chiffres les plus récents publiés par l’INSEE pourraient en faire douter. Seuls, 57% des immigrés en âge de travailler et arrivés en France après l’âge de 18 ans ont un emploi – contre 69% chez les non-immigrants. Ils sont deux fois plus nombreux que les non-immigrés à pointer au chômage (12,7% contre 6,2%). Et surtout, ceux qui sont dans l’emploi sont massivement cantonnés dans activités non qualifiées et donc mal payées.
Qu’en est-il lorsqu’on observe la génération suivante, celle des enfants d’immigrés ? Le désir de mobilité sociale, de réussite des parents est-il exaucé et dans quelle mesure ? Le livre de Claudine Attias-Donfut et François-Charles Wolff donne des réponses bien plus optimistes que celles qui sont généralement véhiculées. Est-ce à dire que la France est capable de donner toute leur chance aux talents ? Dans un système de sélection sociale qui passe pour méritocratique et où le diplôme constitue le sésame obligé de toute ambition, comment fait-on pour intégrer Polytechnique ou l’ENA, quand on est né d’un père sénégalais ouvrier et sans qualification ?

Citoyens ou indigènes ?


CASTEL Robert, La discrimination négative – Citoyens ou indigènes ?, Seuil, 2007 [AnnalesLiens socioMouvement des Indigènes de la RépubliqueNonfictionTerritoire et Lien Social].

La discrimination négative n’est pas le fait de sociétés qui instituent en droit des différences de traitement entre les individus en raison de leur origine, de leur rang ou de leur religion. Elle est au contraire le fait de sociétés qui proscrivent formellement ce type de différenciations, mais les pratiquent massivement. Telle est la contradiction que donne à comprendre la situation des « jeunes de banlieue » aujourd’hui en France, singulièrement lorsqu’ils sont « issus de l’immigration ». Revenant sur les émeutes de l’automne 2005, Robert Castel analyse ici les mécanismes de stigmatisation et de relégation qui tiennent ces populations en marge d’une citoyenneté pleine et entière, au mépris des principes fondamentaux de la République. Si l’on veut appeler les choses par leur nom, c’est bien à un retour de la race sur la scène politique et sociale que l’on assiste aujourd’hui.

Dossier documentaire & Bibliographie Crise sociale des banlieues créé le 15/12/2005 et mis à jour le 08/12/2009, Monde en Question.